• Je souhaite à tous les lecteurs et lectrices,

    une bonne et heureuse année 2017.

    Voici 2017

    Gérard VALLET

    Président


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  • Le 17 mai 2016 - Cette loi n’en finit pas de faire couler de l’encre. Souvenons-nous qu’à l’origine, l’objectif était de relancer l’économie, donc d'offrir de nouvelles possibilités aux entreprises pour ajuster leurs effectifs en fonction de leur carnet de commandes.  En gros, le travail arrive, les embauches se font, le travail disparait, les licenciements suivent. Simple. Oui mais les syndicats ne voient pas cette logique d’un bon œil. C’est tout le problème pour notre pays.

    Pourtant, tout ceci était prévu et même depuis plus de 20 ans. N’oublions pas que si l’ANDT a été fondée en juillet 1994, ce n’est pas vraiment par hasard.

    À l’époque, il semblait évident que notre façon de travailler, que notre code du travail, que les exigences croissantes des syndicats ne pouvaient manifestement pas entrer dans le 21e siècle sans de profondes remises en question. Mais j’hésitais encore à me lancer dans cette grande aventure car, tout autour de moi, je m’entendais dire que ma vision des choses était fausse et que mon projet ne fonctionnerait jamais. Forcément, en France, quelque chose qui n’a encore jamais fonctionné (car nouvelle) ne fonctionnera jamais.

    Mais, pour monter le projet de l’ANDT, je rencontrais pas mal de parlementaires et, j’ai ainsi appris qu’une commission, présidée par Jean Boissonnat (1) avait pour objectif de remettre au Commissariat général du Plan sous forme de rapport, une réflexion prospective sur le travail et l’emploi à l’horizon 2015, pratiquement aujourd’hui.

    Ce rapport a été publié en octobre 1995. Il s’articule sur 4 scénarios exploratoires. « Le travail peut être à nouveau assuré à chacun et continuer à jouer un rôle moteur dans la société, à condition que nous soyons capable s de le changer, et de changer les relations que nous entretenons avec lui ».

    Le premier scénario est celui de « l’enlisement », le second est dit « chacun pour soi », le troisième « l’adaptation » et enfin le quatrième est dit de « coopération ».

    Je ne résiste pas à vous décrire le premier scénario, dit de « l’enlisement ».

    «  ...l’environnement international est peu coopératif. Des comportements individuels de repli, privilégiant le revenu par rapport au temps, une incapacité à faire évoluer la répartition entre temps de travail et temps libre ; une segmentation rigide du système productif ; aucune remise en cause du système institutionnel et juridique du travail ; un État condamné à jouer en même temps le rôle de gendarme et celui de providence. Dans ces conditions, la France continue de s’épuiser à endiguer le chômage qu’aucune reprise économique ne parvient à résorber, et à financer la survie des laissés-pour-compte. Chaque élection reste l’occasion de condamner le passé au nom du chômage et de promettre l’avenir en recommençant ce qui a déjà échoué. Jusqu’au jour de l’inévitable explosion

    Nous y voilà. En 2016 l’explosion commence. Pourtant tout était écrit. Pour l’éviter, il suffisait de choisir le scénario 4, la coopération. Ce choix fut le mien avec la création de l’ANDT et son slogan « vivre et travailler autrement ». Et bien entendu, le télétravail n’est pas absent du fameux rapport. C’est même un axe fort du scénario 4.

    La conclusion même de ce rapport démontre bien la vision qu’avaient les membres de cette commission sur le travail en 2015 :

    «  ... Ce n’est pas le travail qui manque. C’est nous qui manquons de clairvoyance pour comprendre qu’il est en train de changer radicalement et qui n’avons pas assez d’imagination pour l’organiser autrement. Dans vingt ans (2015), selon ce que nous aurons fait ou non, la France comptera plusieurs millions de chômeurs ou les français travailleront différemment. »

    Pour en revenir à la trop fameuse Loi El Khomri, nous retiendrons qu’elle a beaucoup perdue de son sens depuis sa première lecture et surtout qu’elle est passée en force sans que les derniers amendements aient été discutés.

    Alors justement que pouvions-nous trouver dans ces amendements au point qu’ils aient une portée nouvelle dans notre monde du télétravail ?

    Vous allez rire, et vous aurez bien raison.

    L’ancien secrétaire d’État Frédéric Lefebvre fait un copié collé de son ancien amendement qu’il n’avait pas réussi à faire adopter par sa propre majorité en 2009. L’employeur ne pourrait refuser à un salarié qui le demande d’effectuer du télétravail durant certaines périodes de congés – où son contrat est normalement suspendu : arrêt maladie, accident professionnel, congé parental ou maternité... – sous réserve d’un avis médical favorable.

    Ceux qui s’intéressent au télétravail depuis longtemps savent que j’avais présenté cette idée lors d’une réunion de travail à l’UMP. Monsieur Lefebvre l’avait assez mal présenté et défendue. Le 27 mai 2009, Libération titrait « travailler comme des malades » et j’étais invité à la matinale de France Info pour calmer le jeu - http://ekladata.com/yvT95NRgojgKfw1l4AFgFe6Qmw4/2009-nregistrement.mp3

    Une autre proposition, celle de Madame Anne-Christine Lang (PS) rejoint pratiquement point pour point celle formulée sur notre site depuis 20 ans - http://andt.eklablog.com/nos-propositions-p849850

    Elle souhaite comme nous, que les femmes enceintes puissent demander à effectuer du télétravail « pendant la période comprise entre la déclaration de grossesse et le début du congé de maternité ». Très bien, mais nous allions beaucoup plus loin.

    Alors, pourquoi un si long article aujourd’hui ?

    Bien entendu, et parce que nous sommes à un an des élections, faisons preuve de prudence à la fois quand ceux qui terminant leur mandat voudront convaincre que tout est de la faute des autres (ce qui est vrai, mais pas seulement puisque l’équipe sortante savait tout et n’a rien fait).

    Parce que si vous ne trouvez pas les traces du scénario 4 dans les propositions des candidats, évitez-les et refusez d’aller plus vite encore vers l’explosion.

    Également pour que vous compreniez que les idées ne viennent jamais seules dans la tête de ceux qui nous gouverne. J’ai souvent été sur leur chemin, j’ai souvent eu l’occasion de tenter de leur expliquer telle ou telle idée nouvelle, sans pour autant avoir eu le sentiment d’être vraiment entendu et d’avoir été écouté d’une oreille attentive.

    Alors, ceux qui viendront après moi devront faire œuvre de patience, le cycle politique est toujours long, de créativité pour combler le vide sidéral de ces gens qui en sont totalement démunis, de dévotion car il ne faut rien attendre en retour. En écrivant ces dernières lignes, je comprends pourquoi je n’ai pas de repreneur.

    Gérard VALLET - Président

    (1) - Issu d'une famille ouvrière parisienne, Jean Boissonnat est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1951. Directeur du service économique de La Croix entre 1954 et 1967, il est le cofondateur avec Jean-Louis Servan-Schreiber de L'Expansion puis de L'Entreprise. Rédacteur en chef de L'Expansion entre 1967 et 1986, il en dirige ensuite la rédaction (1986-1994), ainsi que celle du quotidien la Tribune de l’Expansion (1987-1992). Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont : La Politique des revenus (1966), Ed. du Seuil, Le Travail dans 20 ans (1995), Ed. Odile Jacob, La fin du chômage ? (2001) , Ed. Calmann-Lévy ...


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  • le 14 mai 2016 - La publicité : Céder ou non au chantage ?

    Comme vous pouvez le constater, notre site est envahi par de la publicité. On nous demande 9 euros par mois pour ne plus en avoir. C'est pour nous une forme de chantage et nous disons NON. Alors nous vous présentons toutes nos excuses pour ce désagrément et nous souhaitons que vous comprendrez notre position.

    Bien cordialement, Gérard VALLET - Président


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  • 31 décembre 2015 - Le soir du 31 décembre 2014, je vous présentais mes vœux pour 2015. Je le faisais bien avant que notre président de la république ne le fasse à son tour. J’avais même eu l’audace d’imaginer ce qu’il allait dire. Et j’avais vu juste. Il fallait du temps au temps pour que tout s’arrange. Hélas !

    Alors, à quelques heures de sa nouvelle prestation, imaginer ses propos est encore plus facile.

    Il sera le sauveur du monde.  Plus rien à faire des budgets, des économies, tout est oublié, sauf la dette qui ne cessera d’augmenter.

    Pour ma part, je constate que rien ne change. Le chômage frappe toujours autant les jeunes et les séniors. Les retraités deviennent les nouveaux ennemis sociaux alors qu’ils ne doivent rien à personne.

    Du côté du télétravail, je vois les mêmes erreurs se reproduire dans toutes les régions. Récupéré par les opportunistes, le télétravail est devenu un produit comme un autre et chacun doit se débrouiller seul ou payer pour bénéficier d'une assistance ou d'un conseil. La loi et les « partenaires » sociaux sont devenus les premiers obstacles à son développement. Comment peut-on affirmer que le code du travail doit être considérablement réduit (moins de lois et moins de règles) et dans le même temps entraver le développement d’une nouvelle forme d’organisation du travail en se référant à ce même code déjà moribond ?

    Ainsi, je vois l’année 2016 comme une année difficile. Il conviendrait de dire stop. Mais je ne vois pas encore qui va lever le bras le premier.

    Je vous souhaite pour 2016 le meilleur ou du moins ce que vous conviendrez de qualifier ainsi.

    Je vous souhaite d’avoir au moins un projet et de tout faire pour le réaliser.

    Pour ma part, je crois que j’ai assez fait, que la mission que je voulais accomplir l’a été, du moins en grande partie.

    Je vais donc laisser la place à qui voudra la prendre. J’ai d’autres projets aussi.

    Ce site s’éteindra progressivement au cours de l'année 2016.

    Pour la dernière fois certainement, je vous souhaite à vous et au télétravail, une bonne et heureuse année 2016.

    Gérard VALLET - Président.


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  • 31 décembre 2014 - Comme chaque année depuis vingt ans maintenant, je rédige un petit billet que j’adresse à toutes les personnes qui accordent un peu d’intérêt au télétravail, ma passion.
    Mais ce soir, je sais que dans quelques instants notre président va lui aussi présenter ses vœux y compris à ceux qui ne lui accordent aucun intérêt. Élu avec un petit 51% mais avec un énorme taux d’abstention, c’est comme s’il avait été élu avec seulement 25% des voix des français.
    Au moins sur ce point je fais mieux que lui. Sur ce point seulement parce que sur les autres, autant ne pas en parler.
    Et c’est ça mon problème du soir. Que souhaiter à tous ces gens qui ne font que subir une situation qui devait être nettement meilleure. Que dire à tous ces chômeurs qui croyaient le jour du vote que la courbe du chômage allait s’inverser. Chacun voudrait aujourd’hui fuir ce présent trop difficile à vivre. Mais ne faut-il pas réviser un moment nos anciens cours de philo ? Le bonheur, c’est quoi ?
    La seule définition possible est intemporelle. Le bonheur est dans l’espérance ou dans la nostalgie. Le retour en arrière ou la projection en avant semblent être les deux voies d’accès au bonheur.
    Qui est tenté aujourd’hui de dire « c’était mieux avant » ? Beaucoup de monde sans doute. Mais le volume est encore plus important chez ceux qui pensent qu’il est dans l’espérance. Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ? Pourtant cette notion du bonheur (le contraire du malheur ...) est discutée depuis bien longtemps et n’a jamais cessée de l’être. Je ne résiste donc pas à vous livrer un passage de mes lectures en cours.

    L’homme n’est pas heureux. Les jours présents sont dans le souci – dans le meilleur des cas – souvent dans le malheur. Untel peut-être heureux, mais c’est l’exception. Les hommes, en général, ne le sont pas. Comment savent-ils qu’ils ne le sont pas ? Pour savoir qu’on est malheureux, il faut avoir une idée du bonheur et celle-ci se trouve dans les récits des temps anciens.
    L’âge d’or, dans la mythologie gréco-latine est le premier temps des hommes, le temps heureux par excellence. Voici comme Ovide le décrit :

    " ... Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices ; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain ; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée ; et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons. Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar ; et de l'écorce des chênes, le miel distillait en bienfaisante rosée". (Ovide, Métamorphoses, livre I, 90-112).

    Harmonie de l’homme et de la nature, d’une nature généreuse qui dispense du travail ; harmonie de l’homme avec lui-même – il n’y a pas de guerre et nul besoin de se défendre : nous avons là les conditions essentielles de la vie heureuse, telle qu’on la pense communément. Mais ce bonheur est derrière-nous, il est propre à la jeunesse du monde. Car l’âge d’or va céder la place à l’âge d’argent, celui de la domination de Jupiter (ou de Zeus). Il est le créateur du temps : à l’éternel printemps, vont succéder les quatre saisons, où l’homme va devoir se protéger du froid ou des chaleurs de l’été, où il lui faudra travailler pour se nourrir. Puis vient l’âge d’airain où la guerre s’empare du cœur des hommes. Et c’est enfin l’âge de fer, celui où « Tous les crimes se répandirent avec lui sur la terre. La pudeur, la vérité, la bonne foi disparurent. »

    Alors, vers quel bonheur faut-il aller puisque notre présent ne correspond plus à nos attentes ?
    On ne peut s’évader du présent qu’en tentant, par la pensée, de se mettre en dehors du cours du monde, qu’en fuyant, autant que possible, la prison du « ici et maintenant », une attitude propice à l’idéalisme philosophique. Au contraire, l’espérance du bonheur à venir est souvent un moyen de faire accepter les maux du présent. C’est sans doute sur ces réflexions que notre président présentera ce soir ses vœux au bon peuple de France.

    Pour ma part et pour ma modeste passion qu’est le télétravail, je ne vous souhaite pas de subir avec le mince espoir de pouvoir ensuite vous redresser un jour. Le télétravail existe, n’en déplaise à ses rares détracteurs. Il y a une vingtaine d’années, je passais pour un utopiste et le télétravail pour une utopie. Mais quel est le sens de ce terme sinon la description d'une société idéale. Et si Platon s’est un peu planté (facile je vous l’accorde) c’est que l’idéal est sans doute un peu compliqué à construire. Mais UTOPIE a un sens plus moderne.
    Le télétravail, nouvelle forme d’organisation du travail, est aussi, c’est vrai un projet de société.
    J’y voyais, et j’y vois toujours une nouvelle société qui s’est émancipée des contraintes de temps et de lieux. Mais pour les tayloristes et les arriérés du XXe siècle qui me disaient : « on est là ou on n’est pas là » le télétravail était et est encore une utopie, une chose qui n’existera jamais.


    2015 – 17% de la population active télétravaille.
    Alors, ce soir j’ai envie de vous dire merci. Merci d’y avoir cru, merci de m’avoir cru.
    A très bientôt, en 2015. D’ici là, croyez en vous en vos idées, en vos projets, en vos valeurs, ce sont mes vœux.
    Gérard VALLET
    Président

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