• le 17 janvier 2017 - A l'heure ou les candidats de gauche et de droite entrent en campagne, savoir qui est plus (ou moins) pour le numérique (incluant le télétravail, mais pas que ...) ne manque pas d'intérêt. Terra Nova le sait bien puisque ce rapport tombe justement ces jours derniers. Nous en publions la synthèse. Sur le site de Terra Nova, vous pouvez librement télécharger le rapport en totalité.

    Synthèse

    Les territoires isolés (communes où moins de 25 % des actifs travaillent dans une aire urbaine soit 10 % des communes françaises pour 1,2 million de personnes) connaissent un sentiment d’abandon et de décrochage. Les raisons en sont multiples : la métropolisation de l’économie a conduit à concentrer les emplois et la création de richesses dans le cœur des grandes agglomérations ; la crise des finances publiques s’accompagne d’une raréfaction des ressources budgétaires et, dans certains cas, d’un repli des services publics ; la mondialisation entraîne une nouvelle division internationale du travail et le dépérissement de certains sites industriels excentrés.

    Ce climat se traduit, dans les territoires les moins denses, par une multiplication des comportements électoraux de rupture et un ressentiment grandissant à l’égard des métropoles, de la mondialisation, de l’Europe et des mutations technologiques qui sont en train de redessiner nos façons de produire, de consommer, d’échanger… Et les populations qui vivent dans ces territoires ont souvent l’impression d’être les oubliés de l’histoire : le monde qui change ne leur serait en rien bénéfique, il réduirait même pour eux l’horizon des possibles.

    Cette étude fait le pari contraire. La transition numérique, qui représente une mutation structurelle de l’ensemble de notre tissu productif, social et politique, n’est pas une menace pour ces territoires. Elle est déjà une réalité, une chance et permet le désenclavement des territoires isolés. Les nouveaux usages et outils permettent d’envisager un développement économique différent, plus déconcentré, une qualité de services publics et de santé réellement égalitaires sur l’ensemble du territoire national et de facto un retour dans le monde rural de populations qui devaient jusqu’alors vivre et travailler dans les grands centres urbains. Cependant, les pouvoirs publics et les syndicats ne sont clairement pas au rendez-vous, il est urgent de mettre en place des cadres légaux et réglementaires propres à permettre le développement de ces innovations et de leur potentiel économique, social et civique.

    La transition numérique participe au dynamisme du tissu productif de ces territoires. Elle permet d'accompagner une transition agricole et, avec des moyens peu coûteux, d’optimiser la production, notamment sur plan environnemental. Cependant, les entreprises de ces territoires, si elles veulent largement profiter de cette transition, notamment dans la modernisation de leur mode de distribution et dans l’élargissement de leur zone de chalandise, ont souvent besoin d’un accompagnement ou de formations.

    Des données issues d’une collaboration avec Airbnb illustrent le rôle que peut y jouer l’économie collaborative. 30 % des villages ont au moins une annonce Airbnb alors que 2/3 de ces villages ne comptent aucun hôtel. Ainsi, 123 000 personnes ont été accueillies par ce biais, ce qui a généré 14 millions d’euros de revenus supplémentaires pour ces territoires depuis 2012. Les retombées économiques locales peuvent être significatives, via les travaux de réparation, de rénovation et d'entretien engagés par les propriétaires ou via les dépenses réalisées sur place par les voyageurs (loisirs, achats de produits locaux, etc.).

    La transition numérique contribue aussi à renforcer l’inclusion sociale. La e-administration constitue une avancée dans la lutte contre les inégalités territoriales en matière d'accès au service public comme le démontre le recours à la déclaration fiscale en ligne dans les territoires isolés (30 % hors données anonymisées contre 38 % au niveau national). Mais cet effort doit être accentué. Le déploiement de la télémédecine pourrait fournir une réponse à l’enjeu d’accessibilité des soins et du maintien à domicile des personnes âgées. Toutefois, l’état actuel du droit et des remboursements en freinent le développement. De plus, il est possible de favoriser le retour de certains salariés dans les territoires isolés par le télétravail, même si le cadre légal du télétravail fait peser encore trop de contraintes sur les entreprises et les salariés désireux de s'y lancer.

    Enfin, les problématiques d’accès au réseau, de littératie numérique et de formation doivent être abordés par les acteurs privés, publics et associatifs pour tirer pleinement parti des changements en cours.

    Ce rapport formule sept propositions pour que la transition numérique dans les territoires isolés puisse répondre à un impératif de développement économique et à une ambition d’inclusion sociale et civique.


    votre commentaire
  • Je souhaite à tous les lecteurs et lectrices,

    une bonne et heureuse année 2017.

    Voici 2017

    Gérard VALLET

    Président


    1 commentaire
  • Le 17 mai 2016 - Cette loi n’en finit pas de faire couler de l’encre. Souvenons-nous qu’à l’origine, l’objectif était de relancer l’économie, donc d'offrir de nouvelles possibilités aux entreprises pour ajuster leurs effectifs en fonction de leur carnet de commandes.  En gros, le travail arrive, les embauches se font, le travail disparait, les licenciements suivent. Simple. Oui mais les syndicats ne voient pas cette logique d’un bon œil. C’est tout le problème pour notre pays.

    Pourtant, tout ceci était prévu et même depuis plus de 20 ans. N’oublions pas que si l’ANDT a été fondée en juillet 1994, ce n’est pas vraiment par hasard.

    À l’époque, il semblait évident que notre façon de travailler, que notre code du travail, que les exigences croissantes des syndicats ne pouvaient manifestement pas entrer dans le 21e siècle sans de profondes remises en question. Mais j’hésitais encore à me lancer dans cette grande aventure car, tout autour de moi, je m’entendais dire que ma vision des choses était fausse et que mon projet ne fonctionnerait jamais. Forcément, en France, quelque chose qui n’a encore jamais fonctionné (car nouvelle) ne fonctionnera jamais.

    Mais, pour monter le projet de l’ANDT, je rencontrais pas mal de parlementaires et, j’ai ainsi appris qu’une commission, présidée par Jean Boissonnat (1) avait pour objectif de remettre au Commissariat général du Plan sous forme de rapport, une réflexion prospective sur le travail et l’emploi à l’horizon 2015, pratiquement aujourd’hui.

    Ce rapport a été publié en octobre 1995. Il s’articule sur 4 scénarios exploratoires. « Le travail peut être à nouveau assuré à chacun et continuer à jouer un rôle moteur dans la société, à condition que nous soyons capable s de le changer, et de changer les relations que nous entretenons avec lui ».

    Le premier scénario est celui de « l’enlisement », le second est dit « chacun pour soi », le troisième « l’adaptation » et enfin le quatrième est dit de « coopération ».

    Je ne résiste pas à vous décrire le premier scénario, dit de « l’enlisement ».

    «  ...l’environnement international est peu coopératif. Des comportements individuels de repli, privilégiant le revenu par rapport au temps, une incapacité à faire évoluer la répartition entre temps de travail et temps libre ; une segmentation rigide du système productif ; aucune remise en cause du système institutionnel et juridique du travail ; un État condamné à jouer en même temps le rôle de gendarme et celui de providence. Dans ces conditions, la France continue de s’épuiser à endiguer le chômage qu’aucune reprise économique ne parvient à résorber, et à financer la survie des laissés-pour-compte. Chaque élection reste l’occasion de condamner le passé au nom du chômage et de promettre l’avenir en recommençant ce qui a déjà échoué. Jusqu’au jour de l’inévitable explosion

    Nous y voilà. En 2016 l’explosion commence. Pourtant tout était écrit. Pour l’éviter, il suffisait de choisir le scénario 4, la coopération. Ce choix fut le mien avec la création de l’ANDT et son slogan « vivre et travailler autrement ». Et bien entendu, le télétravail n’est pas absent du fameux rapport. C’est même un axe fort du scénario 4.

    La conclusion même de ce rapport démontre bien la vision qu’avaient les membres de cette commission sur le travail en 2015 :

    «  ... Ce n’est pas le travail qui manque. C’est nous qui manquons de clairvoyance pour comprendre qu’il est en train de changer radicalement et qui n’avons pas assez d’imagination pour l’organiser autrement. Dans vingt ans (2015), selon ce que nous aurons fait ou non, la France comptera plusieurs millions de chômeurs ou les français travailleront différemment. »

    Pour en revenir à la trop fameuse Loi El Khomri, nous retiendrons qu’elle a beaucoup perdue de son sens depuis sa première lecture et surtout qu’elle est passée en force sans que les derniers amendements aient été discutés.

    Alors justement que pouvions-nous trouver dans ces amendements au point qu’ils aient une portée nouvelle dans notre monde du télétravail ?

    Vous allez rire, et vous aurez bien raison.

    L’ancien secrétaire d’État Frédéric Lefebvre fait un copié collé de son ancien amendement qu’il n’avait pas réussi à faire adopter par sa propre majorité en 2009. L’employeur ne pourrait refuser à un salarié qui le demande d’effectuer du télétravail durant certaines périodes de congés – où son contrat est normalement suspendu : arrêt maladie, accident professionnel, congé parental ou maternité... – sous réserve d’un avis médical favorable.

    Ceux qui s’intéressent au télétravail depuis longtemps savent que j’avais présenté cette idée lors d’une réunion de travail à l’UMP. Monsieur Lefebvre l’avait assez mal présenté et défendue. Le 27 mai 2009, Libération titrait « travailler comme des malades » et j’étais invité à la matinale de France Info pour calmer le jeu - http://ekladata.com/yvT95NRgojgKfw1l4AFgFe6Qmw4/2009-nregistrement.mp3

    Une autre proposition, celle de Madame Anne-Christine Lang (PS) rejoint pratiquement point pour point celle formulée sur notre site depuis 20 ans - http://andt.eklablog.com/nos-propositions-p849850

    Elle souhaite comme nous, que les femmes enceintes puissent demander à effectuer du télétravail « pendant la période comprise entre la déclaration de grossesse et le début du congé de maternité ». Très bien, mais nous allions beaucoup plus loin.

    Alors, pourquoi un si long article aujourd’hui ?

    Bien entendu, et parce que nous sommes à un an des élections, faisons preuve de prudence à la fois quand ceux qui terminant leur mandat voudront convaincre que tout est de la faute des autres (ce qui est vrai, mais pas seulement puisque l’équipe sortante savait tout et n’a rien fait).

    Parce que si vous ne trouvez pas les traces du scénario 4 dans les propositions des candidats, évitez-les et refusez d’aller plus vite encore vers l’explosion.

    Également pour que vous compreniez que les idées ne viennent jamais seules dans la tête de ceux qui nous gouverne. J’ai souvent été sur leur chemin, j’ai souvent eu l’occasion de tenter de leur expliquer telle ou telle idée nouvelle, sans pour autant avoir eu le sentiment d’être vraiment entendu et d’avoir été écouté d’une oreille attentive.

    Alors, ceux qui viendront après moi devront faire œuvre de patience, le cycle politique est toujours long, de créativité pour combler le vide sidéral de ces gens qui en sont totalement démunis, de dévotion car il ne faut rien attendre en retour. En écrivant ces dernières lignes, je comprends pourquoi je n’ai pas de repreneur.

    Gérard VALLET - Président

    (1) - Issu d'une famille ouvrière parisienne, Jean Boissonnat est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1951. Directeur du service économique de La Croix entre 1954 et 1967, il est le cofondateur avec Jean-Louis Servan-Schreiber de L'Expansion puis de L'Entreprise. Rédacteur en chef de L'Expansion entre 1967 et 1986, il en dirige ensuite la rédaction (1986-1994), ainsi que celle du quotidien la Tribune de l’Expansion (1987-1992). Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont : La Politique des revenus (1966), Ed. du Seuil, Le Travail dans 20 ans (1995), Ed. Odile Jacob, La fin du chômage ? (2001) , Ed. Calmann-Lévy ...


    votre commentaire
  • le 14 mai 2016 - La publicité : Céder ou non au chantage ?

    Comme vous pouvez le constater, notre site est envahi par de la publicité. On nous demande 9 euros par mois pour ne plus en avoir. C'est pour nous une forme de chantage et nous disons NON. Alors nous vous présentons toutes nos excuses pour ce désagrément et nous souhaitons que vous comprendrez notre position.

    Bien cordialement, Gérard VALLET - Président


    votre commentaire
  • 31 décembre 2015 - Le soir du 31 décembre 2014, je vous présentais mes vœux pour 2015. Je le faisais bien avant que notre président de la république ne le fasse à son tour. J’avais même eu l’audace d’imaginer ce qu’il allait dire. Et j’avais vu juste. Il fallait du temps au temps pour que tout s’arrange. Hélas !

    Alors, à quelques heures de sa nouvelle prestation, imaginer ses propos est encore plus facile.

    Il sera le sauveur du monde.  Plus rien à faire des budgets, des économies, tout est oublié, sauf la dette qui ne cessera d’augmenter.

    Pour ma part, je constate que rien ne change. Le chômage frappe toujours autant les jeunes et les séniors. Les retraités deviennent les nouveaux ennemis sociaux alors qu’ils ne doivent rien à personne.

    Du côté du télétravail, je vois les mêmes erreurs se reproduire dans toutes les régions. Récupéré par les opportunistes, le télétravail est devenu un produit comme un autre et chacun doit se débrouiller seul ou payer pour bénéficier d'une assistance ou d'un conseil. La loi et les « partenaires » sociaux sont devenus les premiers obstacles à son développement. Comment peut-on affirmer que le code du travail doit être considérablement réduit (moins de lois et moins de règles) et dans le même temps entraver le développement d’une nouvelle forme d’organisation du travail en se référant à ce même code déjà moribond ?

    Ainsi, je vois l’année 2016 comme une année difficile. Il conviendrait de dire stop. Mais je ne vois pas encore qui va lever le bras le premier.

    Je vous souhaite pour 2016 le meilleur ou du moins ce que vous conviendrez de qualifier ainsi.

    Je vous souhaite d’avoir au moins un projet et de tout faire pour le réaliser.

    Pour ma part, je crois que j’ai assez fait, que la mission que je voulais accomplir l’a été, du moins en grande partie.

    Je vais donc laisser la place à qui voudra la prendre. J’ai d’autres projets aussi.

    Ce site s’éteindra progressivement au cours de l'année 2016.

    Pour la dernière fois certainement, je vous souhaite à vous et au télétravail, une bonne et heureuse année 2016.

    Gérard VALLET - Président.


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique